jeudi 4 juin 2009

LE ROI DONG KHANH






LE ROI DONG KHANH

( 1885 – 1889 )

__________________________________________________________________



D’une même famille trois rois sont nés,

Le premier en vie, le deuxième décédé, le troisième s’est enfui.



Le chant populaire ci-dessus fait allusion, dit-on, à la famille du prince Kien Thai Hong Cai. Ce prince avait trois fils adoptés par le roi Tu Duc et devenus successivement rois. L’aîné était le prince Chanh Mong. Après le détrônement du roi Hiep Hoa, la cour intronisa Ung Dang, frère de Chanh Mong, avec le nom de règne de Kien Phuc. Kien Phuc décédé, Nguyen Van Tuong et Ton That Thuyet mirent au trône Ung Lich, âgé alors de 13 ans, avec le nom de règne de Ham Nghi. C’était le frère cadet de Chanh Mong. Lorsque Ton That Thuyet emmena le roi Ham Nghi à Tan So pour continuer la lutte contre les Français, Nguyen Van Tuong, lui, se rendit devant les Français par l’aide de l’évêque Gaspar ( appelé couramment Père Kim Long ). De Courcy accepta la capitulation à condition que Nguyen Van Tuong ramenât le roi dans un délai de 2 mois. Mais , ne pouvant pas le faire, Tuong fut déporté a l’île Tahiti. Après l’exil de Tuong, de Courcy plaça Nguyen Huu Do au plus élevé rang du Conseil Secret. Nguyen Huu Do au début était chef de province Ha Ninh. Tuong et Thuyet avaient cherché à le rappeler à la capitale puisqu’ils savaient que Do avait des relations secrètes avec les Français pour se consolider les pouvoirs personnels. Rusé, Do sollicita la protection de la part des Français en essayant de supprimer les deux mandarins Tuong et Thuyet par les mains des étrangers. C’était Nguyen Huu Do qui avait poussé de Courcy à attaquer la citadelle de Hue. Après la perte de la capitale, Ton That Thuyet accompagna le roi Ham Nghi dans sa fuite. Nguyen Van Tuong, après la capitulation, restait à la tête du Conseil Secret. Nguyen Huu Do en était très mécontent. Il fit des démarches auprès des Français influencés contre Nguyen Van Tuong. Il écrivit à de Courcy une longue lettre dans laquelle il prenait Nguyen Van Tuong pour un homme “ ferfide ”, “ traître”, “à double face”. Cette lettre avait une forte réaction chez de Courcy qui avait depuis longtemps l’intention de rejeter Nguyen Van Tuong du Conseil Secret. Il n’avait pas réalisé ce projet car Tuong était protégé par l’évêque Gaspar. D’ailleurs de Courcy voulait encore ramener le roi Ham Nghi à la capitale. En lisant la lettre de Nguyen Huu Do, de Courcy pensa qu’il n’était plus temps d’utiliser “ l’instrument du roi Ham Nghi” et qu’il fallait pousser Tuong à une impasse sans issue. Alors de Courcy appela Nguyen Van Tuong et lui proposa d’aller à Quang Binh ramener le roi Ham Nghi, ce que Tuong devrait réaliser en deux mois. Nguyen Van Tuong ne réussit pas cette mission. Il fut révoqué et déporté à Tahiti. De Courcy convoqua Nguyen Huu Do à la capitale pour remplacer Nguyen Van Tuong. A peine arrivé à la capitale, Nguyen Huu Do proposa d’introniser un nouveau roi. Le Conseil Secret se réunit. Des opinions contradictoires entre Nguyen Huu Do et le grand mandarin Phan Dinh Binh se firent remarquer. Do proposa d’introniser le prince Ung Duong alias Chanh Mong, deuxième fils adoptif du roi Tu Duc, car celui-ci était déjà assez grand – en réalité Do voulait choisir Chanh Mong car c’était son beau-fils – Une fois Chanh Mong devenu roi, sa position serait plus stable. Quant à Phan Dinh Binh, il proposa de choisir Buu Lam, fils de l’ex-roi Duc Duc. D’après Phan Dinh Binh, le roi Duc Duc avait été détrôné sans raison par Tuong et Thuyet. Maintenant que le roi était mort, il était raisonnable d’introniser le fils du roi. Ce n’était aussi qu’un prétexte, dans son for intérieur Binh voulait introniser son petit-fils pour stabiliser sa position.


La discussion continuait vivement mais le droit de décider revenait à de Courcy qui avait confiance en Nguyen Huu Do. Finalement, le Conseil Secret présenta à la Reine-Mère Tu Du la volonté d’introniser Chanh Mong. La Reine-Mère hésitait d’abord, puis accepta, vu que tout avait été arrangé.


Au huitième mois de l’année du Coq ( septembre 1885 ), Chanh Mong monta sur le trône au Palais de la Suprême Harmonie, avec le nom de règne de Dong Khanh.


Après l’avènement du nouveau roi, De Courcy s’empressa de rentrer dans le nord où le mouvement Van Than ( Insurrection des Lettrés ) a répondu à l’appel de lutte avec des soulèvements dans plusieurs localités. Bien que monté sur le trône, le roi Dong Khanh n’avait pas le vrai pouvoir parce que le sceau impérial était encore dans les mains du roi Ham Nghi. Et partout on entendait circuler ces deux vers :


Que c’est triste de voir les choses de la vie

Au milieu c’est Dong Khanh, et aux deux bouts, c’est Ham Nghi.


Dans une telle situation, le roi Dong Khanh comptait entièrement sur la protection des Français. Les réceptions et banquets où étaient présents les officiels français à Hué et les dignitaires vietnamiens s’organisaient assez fréquemment dans la Cité Impériale.


Pourtant le roi Dong Khanh régnait non sans anxiété car, sans le sceau, symbole du pouvoir monarchique, il n’était qu’un roi provisoire. Jusqu’à la fin de l’année 1888, lorsque le résident supérieur français Rheinart lui passa le sceau, le roi se sentait vraiment tranquillisé.


Pendant les courtes années de son règne, Dong Khanh ne pouvait rien faire. Il est allé à Quang Binh pour convaincre Ham Nghi puis s’en est retourné sans succès, ce qui le rendait plus triste et plus anxieux. Et encore le bruit court que Nguyen Huu Do et lui-même ont cherché à tuer Phan Dinh Binh en prison. Pour se distraire, il fit organiser souvent dans le palais des banquets, des réprésentations théâtrales . Il mourut en janvier 1889, â l’âge de 25 ans.


LE ROI DONG KHANH

ET LA SECTE DES DÉESSES


Lorsqu’il était encore jeune, le prince Chanh Mong s’adonnait à l’étude des “quatre livres classiques et des cinq livres canoniques”. Mais devant la situation particulière de trois rois en quatre mois du pays, se rendant compte de l’impermanence de la vie, il commença à étudier le Kinh Dich ( Livre des Changements ), surtout la partie concernant la divination dans ce livre. Pour comprendre mieux, il s’est donné de la peine à lire d’autres documents relatifs à la divination et aux histoires mystérieuses. Il croyait fermement à l’existence du monde de l’au-delà après la mort. Il croyait aussi absolument à la présence des génies qui apportaient du bien ou du mal aux êtres humains. A Hué il existait à cette époque un temple très sacré appelé Dien Ngoc Tran ou Dien Hon Chen ( Temple du Bol de Jade ), où on rendait le culte de la déesse Poh Ino Naga. Ce temple était situé au village Hai Cat dans la région montagneuse de Ngoc Tran. Il avait été restauré à la 13e année du règne de Minh Mang. Devant le temple il y avait un abîme dont personne ne connaissait la profondeur. La légende dit qu’au fond de l’abîme vivait un trionyx aussi grand qu’une natte; il faisait des vagues violentes chaque fois qu’il émergeait. On le croyait messager du Génie des Eaux.


Du temps où il était encore un prince, Dong Khanh venait souvent à ce temple pour faire des prières, soit par respect, soit pour échapper à l’atmosphère suffocante de la capitale. D’après ce que l’on raconte, il demandait souvent aux médiums ce qu’il deviendrait, s’il pourrait succéder au trône et quand ce serait réalisé. La déesse Poh Ino Naga lui révéla, toujours d’après ce que l’on raconte, la date de son avènement en ajoutant qu’il mourrait après trois ans sur le trône.


La divination de la déesse du Temple Hon Chen était justifiée. Après l’avènement, il changea le nom du temple en Hue Nam en guise de reconnaissance à l’égard de la déesse qui l’avait aidé et protégé. A partir de ce jour, le roi, bien qu’encore très jeune ( 19, 20 ans ), observait une croyance absolue en l’efficacité miraculeuse de la déesse du Temple Hon Chen. Il y allait souvent faire des prières s’il avait des difficultés et il semble que tous ses vœux étaient exaucés, si bien qu’il a écrit : “ Le Temple Hon Chen était un vieux temple sacré, situé au pied d’une montagne à la forme d’un lion buvant l’eau de la rivière. C’est vraiment un paysage féerique au salut de la vie et des humains.”


Au cours des 6e et 7e mois de l’année 1886, il n’y avait aucune goutte de pluie à Hué. Le roi ordonna aux mandarins de la province de Thua Thien de célébrer des cérémonies de culte pour avoir la pluie. Les cérémonies se faisaient dans tous les temples de la citadelle mais toujours sans succès. Seulement quand on alla prier au temple Hon Chen, après une matinée, il se mit à pleuvoir à verse. Tout le monde pensa au miracle. Mais en raison de ce miracle, le roi était toujours obsédé par les divinations faites par la déesse Ino Naga. Pour solliciter la longévité, il devenait de plus en plus superstitieux, et c’était rare de voir un roi superstitieux à l’âge de 21 ans ! Vis –à – vis du temple Hon Chen ou Hue Nam, il écrivait lui-même des panneaux transversaux ou des panneaux parallèles dans lesquels il chantait les mérites de la déesse Ino Naga. Il ordonna aussi au Ministère des Rites de présenter des offrandes de culte régulièrement deux fois par an.


Sa ferveur ne lui épargna pas ce que le destin lui avait réservé : au 11e mois de l’année 1888, il tomba malade. Il avait fréquemment mal à la tête et voyait toujours des cauchemars en dormant. Les médecins de la cour étaient incapables de le guérir. Enfin les Français eut recours au docteur Cotte. Après avoir pris des médicaments occidentaux au lieu des herbes médicinales, il se sentait mieux. Tout le monde s’en réjouissait. Le soir du 28 janvier 1889, le Conseil Secret annonça au résident Rheinart la gravité de la maladie du roi. A l’arrivée de Rheinart, le roi s’étendait raidement de tout son long, le visage serein et rendit le dernier soupir. C’était le 27e jour du 12 e mois de l’année du Rat ( 1889).


Sa tombe se trouvait au village Duong Xuan, district de Huong Thuy. Son mausolée, appelé Tu Lang, était construit et achevé en 1889.



THÂN TRỌNG SƠN

Traduit du vietnamien

( Nhà Nguyễn – Chín chúa mười ba vua – THI LONG )



3 commentaires:

Pham Thi Anh Nga a dit…

Anh S. ơi, bái phục, bái phục.
Nhưng "Traduit du ... vietnamien" chơ. (Cả bài về vua Hàm Nghi nữa.) Răng tự nhiên mà "ngược dòng" rứa.
ST

VIET PHUONG a dit…

ST ơi, cám ơn, cám ơn.
Không biết răng tự nhiên mà lú lẩn rứa.
Chỉnh rồi đó nghe !
S.

Pham Thi Anh Nga a dit…

OK, ST "ghi nhận" rồi.
Lú lẩn là chuyện bình thường, không "lú" mới là lạ.
ST chừ cũng quên trước quên sau, quên ... trên quên dưới, quên ... trong quên ngoài.
ST