jeudi 20 août 2009

SEUL




A quoi songe le vent qui reste à la véranda troublé ?

A quoi songe la pluie qui ne cesse d’y murmurer ?

Tant de nuits je reste seul, pensant à toi, ma chérie,

Voilà que je suis seul, tout seul, encore cette nuit.


Je pense à toi qui te hâtes, dans la chaleur de midi,

De récupérer les vêtements quand tombe soudain la pluie.

Toi qui t’inquiètes pour notre enfant encore trop petit :

Papa peut-il aller le chercher, son travail fini ?


Je revois, sur tes tempes, les sueurs en gouttelettes,

Tes minces épaules amaigries par les intempéries,

Tes pieds qui trébuchent le long de la petite allée

Òu se penche indistinctement ta maigre silhouette.


Sans toi, je reste face à moi-même, ô ma chérie,

Les feuilles mortes tombent de nouveau cette saison-ci.

Je te plains, toi à l’horizon inconnu égarée

Sans relation ni appui dans un endroit éloigné.


Sans toi, à qui peut-on tenir compagnie dans la vie,

Des fois òu l’on se perd dans l’extase d’un aviné

Nuit après nuit je chancelle sur le petit chemin

Pour rentrer toujours avec une solitude sans fin.


Traduction de THÂN TRỌNG SƠN

8/2009



MỘT MÌNH


Gió nhớ gì ngẩn ngơ ngoài hiên ?

Mưa nhớ gì thì thầm ngoài hiên ?

Bao đêm tôi đã một mình nhớ em,

Đêm nay tôi lại một mình.


Nhớ em vội vàng trong nắng trưa,

Áo phơi trời đổ cơn mưa,

Bâng khuâng khi con đang còn nhỏ :

Tan ca bố có đón đưa ?


Nhớ em giọt mồ hôi tóc mai,

Gió sương mòn cả hai vai,

Đôi chân chênh vênh con đường nhỏ,

Nghiêng nghiêng bóng em gầy.


Vắng em còn lại tôi với tôi,

Lá khô mùa này lại rơi.

Thương em mênh mông chân trời lạ,

Bơ vơ chốn xa xôi…


Vắng em đời còn ai với ai

Ngất ngây men rượu say ?

Đêm đêm liêu xiêu con đường nhỏ,

Cô đơn, cùng với tôi về…


THANH TÙNG




dimanche 16 août 2009

LE CHEMIN






Si jamais tu sors avec ta nouvelle amie,

Rappelle-toi bien une chose, je t’en prie :

Sur le chemin òu nous deux marchions bien des fois,

Ne marche pas avec quelqu’un d’autre que moi.



Les rangées d’arbres ont bien grandi maintenant

Pour voir leur feuillage se caresser doucement

Nous avons pris, pour quelle raison nul ne sait,

Deux chemins qui se sont à jamais séparés.



Si tu te promènes avec elle, je te prie

De ne pas prendre l’heureux chemin de jadis.



Traduction de THÂN TRỌNG SƠN

8/2009




CON ĐƯỜNG




Nếu anh đi với người yêu
Chỉ mong anh nhớ một điều nhỏ thôi
Con đường ta đã dạo chơi
Xin đừng đi với một người khác em



Hàng cây nay đã lớn lên
Vươn cành để lá êm đềm chạm nhau
Hai ta ai biết vì đâu
Hai con đường rẽ xa nhau xa hoài



Nếu cùng người mới dạo chơi
Xin anh tránh nẻo đường vui ban đầu.



PHAN THỊ THANH NHÀN



ET LE CŒUR S’EST RÉJOUI ENFIN




Je cherchais un chemin

Je cherchais une allée

Laissant se suivre les journées

D’une vie par des doutes tourmentée.

Toute confiance perdue,

Je vivais sans souci de l’avenir,

Je vivais sans besoin d’autrui,

Et me contentais des joies d’aujourd’hui.


Puis, fête terminée, le monde s’en est allé,

Je rentrais, souvent les cils mouillés,

Attendant l’amour, qui, avec les rayons dorés,

Viendrait dissiper l’obscurité,

Et de ses flammes,

Me transformerait, corps et âme.


Et le cœur s’est réjoui enfin,

L’amour est venu me donner le lendemain

L’amour illumine ma vie de sa lumière,

Je serai ainsi sauvé, j’espère.

Et le cœur s’est enfin réjoui,

Et ma confiance s’est offerte à toi,

Je me promets, par ma foi,

De n’aimer que toi à l’infini.


S’il me faut franchir un abîme noir

Je m’avancerai sans aucun effroi,

Car, à mes côtés, tu seras toujours là.


Et maintenant, les jours tristes sont passés,

Des erreurs sont également pardonnées,

L’amour est venu avec les rayons dorés

Dissiper l’obscurité

Et de ses flammes,

M’a transformé corps et âme.



Traduction de THÂN TRỌNG SƠN

8 / 2009.



VÀ CON TIM ĐÃ VUI TRỞ LẠI



Tìm một con đường

tìm một lối đi

ngày qua ngày

đời nhiều vấn nghi

lạc loài niềm tin

sống không ngày mai

sống quen không ai cần ai

cứ vui cho trọn hôm nay


Rồi cuộc vui tàn, mọi người bước đi

một mình tôi về, nhiều lần ướt mi

chờ tình yêu đến trong ánh nắng mai

xóa tan màn đêm u tối

cho tôi biến đổi tâm hồn

thành một người mới


Và con tim đã vui trở lại

tình yêu đến cho tôi ngày mai

tình yêu chiếu ánh sáng vào đời

tôi hy vọng được ơn cứu rỗi

và con tim đã vui trở lại

và niềm tin đã dâng về người

trọn tâm hồn

nguyện yêu mãi riêng người mà thôi…


Dẫu như tôi phải đi qua vực sâu tối

tôi sẽ không sợ hãi gì

vì người gần bên tôi mãi


Và bây giờ, ngày buồn đã qua

nhiều lỗi lầm, cũng được thứ tha

tình yêu đã đến trong ánh nắng mai

xóa tan màn đêm u tối

cho tôi biến đổi tâm hồn

thành một người mới



ĐỨC HUY






mercredi 12 août 2009

LES PONTS COUVERTS EN TUILES DU VIETNAM




Ils sont construits selon les règles d'architecture dites "
thượng gia hạ kiều " ( en haut, une maison; en bas, un pont ).





Photos 1-2 : Le Pont couvert en tuiles de Thanh Toan ( Huong Thuy - Thua Thien - Hue ) , construit au XVIIIe siècle.




Photo 3-4 : Le Pont LAI VIEN KIEU ( Pont des Amis venus de loin ) , appelé aussi CHUA CAU ( Pagode - Pont , à HOI AN ( province de Quang Nam ). Construit au XVII e siècle.




Photos 5-6 : Le Pont couvert en tuiles de PHAT DIEM ( Kim Son, province de NINH BINH ).

samedi 8 août 2009

LE ROI BAO DAI





LE ROI BAO DAI

( 1926 – 1945 )

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Le 25e jour du 9e mois de l’année du Buffle ( novembre 1925 ), le roi Khai Dinh mourut lorsque son prince héritier faisait ses études en France. Le gouverneur français fit former un nouveau Conseil de Régence dirigé par M. Ton That Han. Au nom du gouvernement du Vietnam, le Conseil signa avec la France une convention. Selon cette nouvelle convention, le résident supérieur présiderait le conseil des ministres du gouvernement vietnamien et la cour de Hué n’aurait plus son budget.


Le 24e jour du 11e mois de cette année, le prince Vinh Thuy fut intronisé avec le nom de règne de Bao Dai. Après l’avènement, le roi Bao Dai confia toutes les affaires nationales au Conseil de Régence pour aller en France continuer ses études. Il n’en rentra qu’en 1932 pour saisir le pouvoir et changer l’administration. Mais ce changement n’aboutit à rien par suite des oppositions de la part des mandarins conservateurs et du résident supérieur. Jeune, dynamique, influencé par une formation française, Bao Dai voulait saisir peu à peu le pouvoir en établissant une monarchie constitutionnelle mais ses réformes furent entravées par le gouvernement français. Ne pouvant rien faire car tous les pouvoirs étaient ainsi concentrés dans les mains des Français, il se sentait désespéré et découragé, au point de s’adonner entièrement aux loisirs ( chasse, sport ).


La Seconde Guerre Mondiale éclata. La France occupée par l’Allemagne, le gouvernement Vichy pro-allemand prit le pouvoir. Dans les colonies, la France se trouvait devant une croisée des chemins. Des insurrections se produisirent. Les Japonais attaquèrent les autres pays faisant de la propagande pour la “ Grande Asie Orientale”. En mars 1945, les troupes japonaises attaquèrent les postes français à Hué et en prirent possession. Pour gagner de la sympathie des Vietnamiens, les Japonais firent distribuer des tracts et affiches déclarant aux habitants vietnamiens que l’armée japonaise, conformément aux aspirations des peuples de l’Asie orientale, avaient battu les Français, aidant ainsi le peuple vietnamien à reprendre la souveraineté et l’indépendance pour édifier, avec le Japon, la Grande Asie Orientale.


Le 8 mars 1945, par une tactique particulière, le Japon attaqua à l’improviste les Français dans tout le territoire de l’Indochine. L’ambassadeur du Japon en Indochine Yokohama prit contact avec le gouvernement vietnamien avec la promesse de le soutenir dans sa déclaration d’indépendance. Le Japon serait, dit-il, prêt à aider la cour de Hué s’il en était besoin. Et voilà pour la première fois le roi Bao Dai convoqua le Conseil Secret et le présida. Après des heures de délibération, le Conseil proposa au roi de promulguer une ordonnance informant à tout le peuple que le Vietnam était dorénavant indépendant et que tous les traités signés auparavant avec la France étaient annulés.



Le 17 avril 1945, le roi Bao Dai dissolut le Conseil Secret et confia à M. Tran Trong Kim la formation du nouveau cabinet qui comprendrait, pour la plupart, les intellectuels ayant reçu une formation française. Pourtant ce gouvernement ne pouvait rien faire de sa formation jusqu’à sa dissolution. En tant que conseiller ( comme il se disait ), Yokohama saisit en réalité tous les pouvoirs. Le cabinet Tran Trong Kim jouait le rôle de figurant avant d’être dissolu en août 1945.


L’ABDICATION DU ROI BAO DAI


La Seconde Guerre Mondiale tira à sa fin. En Europe l’Allemagne capitula devant les Alliés; en Asie, le Japon agonisant respira à peine mais, obstiné, il ne recula pas. Il lança des troupes s’emparer d’une grande partie de la Corée, la Chine, le Vietnam jusqu’aux Philippines. … Enfin l’empereur du Japon s’était contraint aø accepter une capitulation sans condition. Au Vietnam, avec tous les habitants, le Viet Nam Doc Lap Dong Minh Hoi ( Front de l’Indépendance du Viet-Nam ) avec à la tête le Président Ho Chi Minh s’est soulevé pour capturer des armes des troupes japonaises, ouvrant ainsi une nouvelle ère : l’ère de l’indépendance. C’était la Révolution d’Août 1945.



Au Tonkin ( Bac ky ), le 19 août le Comité de Résistance enleva les armes des Japonais et proclama l’indépendance. Le 23 août, le Comité insurrectionnel prit peu à peu le contrôle de toutes les administrations. Le 24 août, Bao Dai reçut un télégramme envoyé par le Comité Populaire Révolutionnaire Provisoire : “ Gouvernement populaire révolutionnaire provisoire formé. Exige l’abdication de l’Empereur d’Annam afin de commencer l’œuvre de consolidation de l’indépendance nationale.” Le télégramme rendit le roi Bao Dai assez confus mais enfin il y répondit par un télégramme confirmant qu’il accepta d’abdiquer. Il forma le vœu que la cérémonie de transfert fût organisée à Hué avec la présence des représentants du gouvernement provisoire. Le télégramme envoyé, Bao Dai reçut le 25 la réponse du gouvernement révolutionnaire affirmant qu’une délégation serait envoyée à Hué.


Le matin du 29 août, la délégation du gouvernement révolutionnaire provisoire, introduite par Tran Huy Lieu, avec la participation de Cu Huy Can et Nguyen Luong Bang, arriva à Hué.

La délégation du gouvernement provisoire siégeait au Bureau du résident supérieur de Trung Ky. Le roi Bao Dai la rencontra pour discuter la cérémonie d’abdication devant la Porte Ngo Mon. Après la délibération, les deux partis se mirent d’accord pour organiser une cérémonie très solennelle devant la Porte Ngo Mon.


Quelques jours avant, le 23 août 1945, le drapeau rouge flottait déjà au mât du “ Cavalier du Roi”. Le 30 août, selon l’approbation des deux partis, le drapeau rouge à étoile d’or fut redescendu provisoirement et le drapeau monarchique fut remonté.

A 4 heures, la place devant la Porte Ngo Mon était déjà pleine de monde avec une forêt de banderoles. Des cris se faisaient entendre de tous coins : Vive le Vietnam indépendant ! Vive le gouvernement révolutionnaire provisoire !… Une voiture où était planté le drapeau rouge à étoile d’or fendit la foule pour entrer à la Porte Ngo Mon.


Le 2 septembre fut une journée extraordinaire : le président Ho Chi Minh proclama la Déclaration d’Indépendance à la place Ba Dinh. A la même date, le Conseiller Suprême Vinh Thuy quitta sa famille pour partir. Ce fut peut-être la première fois qu’à son départ, il n’y avait personne, à l’exception de sa femme et ses enfants. La séparation était un mélange de joie et de tristesse. Et l’on ne pensait pas que c’était le dernier départ de la capitale du dernier roi de la dynastie des Nguyen.


LA REINE NAM PHUONG.




A partir de la fondation de la dynastie des Nguyen par le roi Gia Long jusqu’aux règnes suivants, il n’y avait aucune investiture du titre de reine. Or, sous Bao Dai, le dernier roi de la dynastie des Nguyen, ce règlement en vigueur depuis très longtemps fut annulé avec l’investiture de Mme Nguyen Huu Thi Lan en qualité de Reine Nam Phuong.


La reine était catholique, fille d’un propriétaire foncier du Sud ( Nam Bo ). Née en 1914, elle partit en 1927 en France faire ses études. Peut-être suggérée par les autorités françaises, elle décida de rentrer au pays en 1932 et fit sa première rencontre avec Bao Dai à Dalat. Le roi Bao Dai, trop épris de sa beauté, se déterminait à l’épouser malgré les entraves de la famille royale et de la cour. Enfin, la famille royale céda sous la pression des Français. En 1934, elle entra dans le palais royal et fut investie Reine au mois de mars de cette année, la première reine investie du vivant d’un roi.


Après l’abdication du roi Bao Dai, elle vivait avec ses enfants au palais An Dinh avec l’appellation de Madame la Conseillère. Après elle se rendit en France avec Bao Dai et leurs enfants. Elle mourut en France en 1963.



Traduit du vietnamien

NHÀ NGUYỄN – Chín chúa mười ba vua – THI LONG





vendredi 7 août 2009

THÀNH PHỐ HOA XUÂN







Lóc ca lóc cóc

Xoải vó ngựa hồng

Ngoạn du Đà Lạt

Mùa vừa chớm xuân


Lắng tiếng ngàn thông

Tỏ tình cùng gió

Nghé trông sóng hồ

Say hôn bờ cỏ


Vàng xanh tím đỏ

Những hoa là hoa

Đào, lan, hồng, huệ…

Quỳ, mimoza…



Cổ quấn foulard

Chính hoa đẹp nhất

Hàm tiếu lẫy lừng

Khuynh thành khuynh quốc


Cồng chiêng nao nức

Trỗi khúc nhạc lòng

Câu thơ tắm gội

Suối đàn t’rưng



Thành phố hoa xuân

Lung linh cõi hẹn

Từ đoá môi người

Một lần chúm chím


Dấu son kỷ niệm

Thơm ngát đất trời

Forget-me-not

Thay lời ly bôi



Lâm Viên xa xôi

Bao năm phiêu bạt

Xuân nối tiếp xuân

Dấu hoa chưa nhạt


Ơi em Đà Lạt!

Hạnh ngộ dễ nào?

May thay nhân kiếp

Còn có chiêm bao. ♥


· Phanxipăng



Đã đăng Thế Giới Mới 122 (2-1995)

In trong tuyển tập Đà Lạt thơ (NXB Văn Học, Hà Nội, 1996)

Thu Hằng (Đoàn Ca kịch Huế) ngâm trong chương trình Đà Lạt thơ do Đài Phát thanh & Truyền hình Lâm Đồng thực hiện năm 2004



PHANXIPĂNG là bút hiệu của TRẦN NGỌC TĨNH, học trò cũ của tôi ( niên khóa 1977-1978, Trường Quốc Học Huế ). Ba mươi năm mới gặp lại, tôi không ngạc nhiên chút nào khi biết anh bây giờ là nhà báo ( Tạp chí Thế giới mới của Bộ Giáo Dục ) bởi lúc còn đi học, anh đã tỏ ra có năng khiếu ( và tài năng ) về văn chương, nghệ thuật. Hiện nay, ngoài việc viết báo, anh còn làm thơ, viết văn, và đôi lúc sáng tác âm nhạc, hội họa, nhiếp ảnh.

Tôi rất vui được giới thiệu ở đây bài thơ Thành phố hoa xuân anh mới gởi tặng.

TTS.





jeudi 30 juillet 2009

LE ROI KHAI DINH






LE ROI KHAI DINH

( 1916 – 1925 )




Après le détrônement du roi Duy Tan, la cour de Hué, avec l’approbation du résident supérieur, intronisa le prince aîné du roi Dong Khanh, Nguyen Phuc Buu Dao, avec le nom de règne de Khai Dinh.


Avant son avènement, Khai Dinh aimait s’amuser plutôt que d’étudier. Il jetait souvent de l’argent aux jeux de hasard et quelquefois il perdait jusqu’au dernier sou au point de s’endetter. C’est pourquoi, une fois monté sur le trône, il ne pouvait rien faire, sauf pour ses propres intérêts. Sous son règne, le résident supérieur saisit presque tous les pouvoirs dans tous les domaines, il présida même le Conseil de Régence. Les Français étaient contents de voir qu’il n’avait pas les opinions de Thanh Thai et de Duy Tan. Ce fut pour cette raison qu’ils le laissèrent construire plusieurs bâtiments tels que le Palais Kien Trung, le Palais An Dinh et le mausolée Ung ( mausolée du roi Khai Dinh ).


Peu après son avènement, pour gagner de la sympathie des habitants du nord, et aussi pour se divertir, en 1918, le roi Khai Dinh effectua un voyage dans le nord, juste à l’inauguration du Jardin Zoologique organisée par le Résident Supérieur de Bac Ky ( région du nord ). En cette occasion, le représentant du gouvernement français y organisa une foire. Les lettrés du nord en profitaient pour exprimer leurs opinions personnelles par un procédé délicat et littéraire à la fois : composer des poèmes, soit en chinois classique, soit en langue nationale. Ils collèrent les poèmes sur les troncs des arbres dans le zoo, en guise de commémoration d’un ouvrage de divertissement achevé. De nombreux poèmes étaient écrits, dit-on, pour chanter ou décrire le Jardin Zoologique. Parmi ceux-ci, un poème en langue nationale était transmis partout dans Hanoi par les pensées profondes d’une ironie amère.


A l’ombre des arbres des cages se rangent en alignée

Dans chacune une sorte d’animal est élevée

Repu, le roi tigre s’endort, couché niaisement

Affamés, les cerfs courent çà et là follement

Ayant de quoi manger, les singes inventent des histoires

Attendant l’ aliment, les oiseaux vantent leur voix

Voilà encore quelques ours malavisés

Se disputant un os d’arrache-pied.


LE VOYAGE EN FRANCE DU ROI KHAI DINH


De par sa nature, le roi Khai Dinh aimait bien les ornements et la vie paisible pour savourer les plaisirs terrestres. Tout ce qui était étrange lui plaisait, surtout ce qui venait de l’Occident, puisque c’ était, pensait-il, moderne, excellent, introuvable chez nous.

En 1922, le résident supérieur de Trung Ky Pasquier lui suggéra d’aller en France assister à “ l’exposition des colonies” organisée à Marseille. Il y consentit, voulant, d’une part, savoir combien civilisée était la France, d’autre part, faire l’achat des objets rares et précieux. Pourtant, à son arrivée en France, le roi Khai Dinh était critiqué vigoureusement par la presse et par nos compatriotes qui y résidaient.

La première réaction était celle de Phan Chu Trinh qui lui envoya la “ Lettre de 7 articles à l’occasion du voyage en France” dans laquelle Phan Chu Trinh cita les 7 fautes de Khai Dinh :


- Abus du pouvoir monarchique.

- Abus des punitions.

- Préférence des prosternations

- Luxe excessif.

- Habillement ridicule.

- Excès des plaisirs de la chair.

- Voyage véreux en France.


La lettre était applaudie chaleureusement par les ressortissants vietnamiens en France. Parmi les 7 fautes citées par Phan Chu Trinh, celle que tout le monde pouvait remarquer avec ironie, c’était l’ accoutrement bizarre du roi Khai Dinh lors de l’exposition à Marseille, nuisant à l’honneur national. D’après ce que l’on raconte, à sa veste étaient attachées de petites ampoules de couleurs criardes. Les batteries cachées là-dedans éclairaient les épaules, le cou, la poitrine de façon ridicule. De nombreux étrangers se groupaient regarder “ le roi d’Annam” comme une statue vivante exposée dans un musée. Au surplus, le roi se montrait généreux en jetant des pièces d’argent aux autres. L’impression laissée par le roi dégoûtait fort nos compatriotes résidant en France. Après la lettre précitée de Phan Chu Trinh apparut en France une pièce de théâtre de Nguyen Ai Quoc, intitulée “ Le dragon en bambou ” qui reflétait très bien la nature du roi Khai Dinh. A travers ces œuvres, on pouvait voir que le roi Khai Dinh n’était point respecté en France. Avec son voyage en France, on trouvait qu’il voulait vendre la patrie à la France.


LE MAUSOLÉE DE KHAI DINH


Pendant environ 10 ans de son règne, le roi Khai Dinh se montrait “sage” et gagnait de la confiance des Français. Il ne pensait pas à autre chose qu’aux divertissements. Comme les rois antérieurs, il se souciait de la dernière demeure en faisant construire son mausolée ( Ung Lang ). A la différence de l’architecture adoptée par les rois prédécesseurs, son mausolée choisit un style occidental vu sous les yeux d’un oriental. A vrai dire, le roi Khai Dinh avait les yeux d’un artiste. Les constructions de son temps suivaient en grandes lignes l’architecture occidentale mélangée du style oriental, par cette raison elles avaient toujours un caractère particulier. Un des ornements qu’il préférait c’était les dragons à cinq griffes symbolisant la souveraineté suprême. Pour avoir des tableaux grands et larges, il avait besoin d’un grand nombre de peintres. Ceux-ci dessinaient des décorations sur les plafonds et les murs. Parmi les peintres connus de l’époque, figurait M. Cuu Tanh dont la peinture des dragons s’avérait vivante et animée.




Après la construction du mausolée, d’après ce que l’on raconte, seule la décoration du plafond du temple Khai Thanh restait inachevée. Il fallait y décorer, selon la volonté du roi Khai Dinh, un dragon à cinq griffes caché dans les nuages, ce dont seul M. Cuu Tanh pouvait s’occuper. Le roi a convoqué Cuu Tanh et lui a confié le travail.


Un jour, le roi alla contrôler le travail au mausolée. Arrivé au temple Khai Thanh, il vit Cuu Tanh allongé sur un échafaudage en bambou, vêtu simplement d’une culotte légèrement déchirée, laissant voir ce qu’il fallait cacher. Se couchant sur le dos, l’artiste plongea avec ses pieds un grand pinceau dans le bol de colorants avant de tracer des traits représentant les nuages. Il entendit des bruits, jeta un coup d’œil au-dessous et faisant semblant de ne pas voir le roi, il continua son travail.


Le roi remarqua tout ceci. L’artiste savait qu’il était là sans le saluer. Et encore il avait une tenue pas convenable ( torse nu ) , il dessina le dragon, symbole de la souveraineté avec les pieds, c’étaient des crimes de lèse-majesté. Le roi s’écria :


- Pourquoi tu ne descends pas me saluer avec des prosternations ? Pourquoi tu oses dessiner le dragon avec les pieds ? Tout ça mérite la peine de décapitation, tu sais ?

Toujours en cette position d’un homme couché sur le dos, Cuu Tanh continua son travail en disant :

- Je n’ose pas ! Je ne sais pas que Votre Majesté arrive. De plus, ce tableau est trop large, je ne peux pas le faire avec les mains, alors je me sers des pieds. Que Votre Majesté m’épargne de la mort.

Voyant que le tableau presque achevé était déjà très beau, il baissa le ton :

- Je te fais grâce, si c’est un autre, je lui couperai la tête.

De nos jours, les visiteurs du mausolée Khai Dinh peuvent voir au plafond du temple Khai Thanh le tableau vivant d’un dragon aux couleurs harmonieuses. C’est le chef-d’œuvre réalisé avec des pieds de l’artiste Cuu Tanh.


LE ROI KHAI DINH ET SES ÉPOUSES


Parmi les rois de la dynastie des Nguyen, Khai Dinh est le seul qui ait un fils unique. Ce phénomène soulève des rumeurs, on parle souvent de ce roi parce qu’il aimait fréquenter plutôt le sexe masculin. Cette tendance se voyait dans les scéances de théâtre classique, dans presque toutes les pièces où jouaient des actrices. Le roi ordonna de choisir toujours des hommes à la place des actrices pour jouer ces rôles. Durant son règne, la troupe théâtrale Thanh Binh choisit toujours de beaux acteurs dans les rôles qui devraient être joués par des actrices.

Lorsqu’il était prince aîné, le roi avait épousé la fille du mandarin régent Truong Nhu Cuong, du village Hien Luong, district de Phong Dien, appelée souvent Co Nhat ( Première demoiselle ). M. Truong Nhu Cuong souffrait beaucoup de ce beau-fils aux mœurs relâchées. Après, Khai Dinh épousa encore une autre femme, Mme Tu Cung, mère du futur roi Bao Dai. Après son avènement, la Première Demoiselle voulait se faire religieuse. Elle établit une pagode au village Thanh Thuy, district de Huong Thuy et y menait une vie religieuse jusqu’aux derniers jours. Tandis que Mme Tu Cung, elle vivait avec lui et heureusement, elle lui donna un prince en 1913, le prince Vinh Thuy.

Comme les autres monarques, le roi Khai Dinh avait de nombreuses concubines et odalisques, mais à la différence des autres, il n’aimait pas prendre en contact avec celles-ci. De leur part, les odalisques étaient en général filles des mandarins qui présentèrent leurs enfants au roi avec l’espoir d’être promus à un poste supérieur. Elles désiraient tant l’affection du roi mais devant l’indifférence du roi, la plupart d’entre elles ne connaissaient pas le bonheur d’être à côté du roi. Mais quelle pitié pour elles : ce n’est pas qu’elles étaient délaissées par leur laideur. Elles devaient s’encroûter dans la solitude et dans la tristesse tout simplement parce que son époux royal préférait le sexe fort aux belles femmes.



THÂN TRỌNG SƠN

Traduit du vietnamien

NHÀ NGUYỄN – Chín chúa mười ba vua – THI LONG